Qu’un organisme s’agite pour sauver sa peau, cela va de soit.
Qu’il continue à s’agiter, même en sûreté, pose question.
La part nantie de l’humanité, pourtant à l’abri du besoin,
Témoigne d’étranges symptômes :
Hyperactivité, troubles du sommeil, consommation frénétique d’antidépresseurs,
Augmentation sensible des dépendances aux excitants, etc.
Est-ce le danger qui stimule?
Ou l’absence de stimulation, le danger?
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Marcher sur un fil tendu entre deux gratte-ciel, escalader 120 mètres de falaise en moins de cinq minutes, traverser l’océan Atlantique sans jamais ou presque avoir naviguer, non plus braver tout les dangers mais bien les projeter, toujours plus calculés.
Hors humanité, pareils défis existent-ils ? On est tenté de répondre par la négative. A priori, aucune autre espèce n’est aussi fêlée. Ces conquérants de l’inutile donnent à penser un être suffisamment confiant (parce qu’aucun d’entre ces aventuriers ne se lance sans préparation dans ce genre de folie) pour côtoyer la limite alors que “rien” ne les y contraint.
Creuser du côté de ce “rien”.
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Publié par D. dans Sur le vif...
5.7+ - 120 mètres - moins de cinq minutes…
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Publié par D. dans Poésies
“Impassibles dans leur coin, les joueurs
Guident les lentes pièces. Une guerre
Jusqu’à l’aube les retient au sévère
Damier où se détestent deux couleurs.
Du centre rayonnent de magiques rigueurs :
La tour homérique, l’agile cheval,
La reine écrasante, le roi final,
Le fou oblique et les pions accrocheurs.
Quand les joueurs se seront retirés,
Quand le siècle les aura consumés,
Le rite ne sera pour autant accompli.
C’est en Orient que s’alluma cette guerre.
Désormais pour théâtre elle a toute la terre
Car ce jeu, comme l’Autre, est infini.”
J. L. Borges, Le jeu d’échecs.
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